Ça fait très très longtemps que je n'ai plus écrit, je sais... J'ai été relativement occupé ces derniers temps, haha! Mon dernier post (ici) date du 24juin, lorsque j'étais aux portes de la Sierra Nevada. P.s: Depuis lors j'ai posté plusieurs nouvelles sur mon mur fb (en anglais).
Les photos sont par contre régulièrement mises à jour, toujours au même endroit ( https://drive.google.com/ folderview?id= 1wCyn10iXVFuiG3SRX_ IhVdEkk3ajKH11 ) .
Vous apprécierez probablement la structure en différents dossiers.
Aujourd'hui, nous sommes le samedi 15 septembre et je suis à Big Lake Youth Camp (BLYC). C'est un camp pour jeunes, qui se situe environ à la moitié de la partie du PCT qui traverse l'état d'Oregon.
Dans ce qui suit, veuillez trouver un résumé pour chaque partie importante depuis KENNEDY MEADOWS (KM) jusque BLYC.
KM (24juin) -> South Lake Tahoe (SLT) (31 juillet):
Cette section représente l'entièreté de la Sierra Nevada, la haute montagne. Sa longueur est de 620km.
Lorsque je quitte KM, je prends beaucoup d'altitude en peu de temps. Je suis à 3000m. Il me faut quelques jours pour m'habituer à l'altitude, pour que mon souffle s'adapte, et que les étourdissements lorsque j'augmente le rythme de marche cessent.
Je commence à côtoyer des lacs d'altitude. Au quotidien. C'est très joli, très pur. Ça nous change du désert et du manque d'eau!! D'ailleurs, je vais me baigner à la moindre occasion, pourvu que la température extérieure soit raisonnable.
La partie du PCT qui traverse la Sierra Nevada (SN), c'est une altitude min. de 2400m et max. de 4000m. Le sentier oscille constamment entre ces deux maxima, et en dents de scie (beaucoup, beaucoup de dénivelé)!
C'est aussi 20 à 25km de moyenne par jour. La majorité des hikers prennent le temps de profiter de la SN, après s'être pressés pour finir la section du désert.
Tout au long de la SN, j'ai profité d'un temps très ensoleillé, et exceptionnellement chaud! J'ai marché presque tous les jours en short et t-shirt. Je ne pense pas me souvenir qu'il ait gelé une seule fois pendant la nuit, malgré les nombreuses fois où j'ai campé à plus de 3000m.
Il a plu une fois. Pendant 12 heures durant.
Après cinq jours dans la SN se présente à nous un challenge. Il se nomme le Mont Whitney. Le Mont Whitney se trouve 13km hors PCT, et culmine à qqe 4400m. C'est le point le plus haut des 48 états contigus. Il vaut donc le détour, et j'ai marché jusqu'à son sommet. C'était beau, mais surtout difficile. L'altitude en cause.
Le lendemain, pas de repos car c'est au tour du plus haut pass du PCT de se présenter. 4000m. C'est d'ailleurs au pied de son ascension que j'ai sévèrement saigné du nez. Je suppose à cause de l'altitude. Après cela cependant, je n'ai plus été embêté par l'altitude et mon corps s'est parfaitement adapté.
J'ai fait mon premier ravitaillement de la SN à Bishop. Pour atteindre Bishop depuis le PCT, il faut marcher 26km hors PCT pour quitter la haute montagne, traverser un pass, et enfin atteindre un parking qui se trouve au terminus d'une route de montagne. Depuis ce parking, faire du stop sur une centaine de kilomètres.
J'ai passé 4 nuits et cinq jours à Bishop. C'est ce qui s'appelle se faire aspirer par un endroit hors du PCT. D'un point de vue purement planning ou bien se rapprocher du Canada, c'est une perte de temps. Il ne m'aurait fallu qu'une nuit et deux petits jours pour faire mon ravitaillement, lessive, douche, et prendre un peu de repos et faire le plein de calories. Cependant, quand on apprécie un peu trop le comfort en dehors du PCT et qu'on est une vingtaine de marcheurs et qu'on passe du bon temps, il arrive qu'on se fasse aspirer. "Je reste encore cette nuit mais c'est la dernière, demain je repars sur le trail". Voilà comment on craque. C'est d'ailleurs une des principales causes d'abandon, quand tu restes tellement longtemps que tu n'as plus envie de repartir marcher...
Bref. La SN c'est spectaculaire. De l'eau partout (lacs, rivières, cascades..).
C'est aussi très difficile. Énormément de dénivelé, positif et négatif bien sûr.
J'ai aperçu mon premier ours dans la SN. Un gros ours noir (brun), qui traversait tranquillement le trail. Pacifiquement.
Je rencontre aussi plusieurs rangers. Ils patrouillent pour vérifier nos permis essentiellement. Mais aussi pour répondre à nos questions et nous apprendre les comportements de base de la rando nature. A savoir (en résumé): camper >50m de tout cours d'eau et trail, porter tous nos déchets (même biodégradable), camper sur un sol inerte (pas végétal), pas de feu de camp > certaine altitude et modérer le nombre de feux de camp qu'on allume, et creuser un trou de 15cm de profondeur pour nos besoins, également >50m de tout cours d'eau. Nous sommes même censés remballer le papier toilette... Pratique à laquelle je ne me suis pas encore soumis!
Les rangers m'ont appris énormément sur les ours et leur comportement, ainsi que sur notre responsabilité à nous hikers envers les ours. Dans la SN il est obligatoire de porter un "bear canister". C'est un cylindre en plastique dur, dans laquelle nous sommes censés mettre toute notre nourriture et tout déchet. Le cylindre est censé être résistant aux ours. Avant de dormir, la pratique est de mettre son bear canister à une trentaine de mètres de la tente. De telle manière à ce que si un ours sent la nourriture qu'il y a dans le Bear canister, il se dirigera vers le cylindre et pas vers la tente. Et il associe l'odeur de nourriture au cylindre et pas la tente. En conséquence, la tente et son contenu (le randonneur) sont en sécurité. De son côté, l'ours pourra toujours essayer de casser le cylindre et s'emparer de la nourriture, il n'y parviendra (en principe) pas.
Le problème survient lorsque l'entièreté de notre nourriture ne rentre pas dans le cylindre. Il reste donc une partie dans la tente. Dans ce cas, ce n'est pas réellement nous que nous mettons en danger, mais l'ours. Je m'explique : l'odorat très développé de l'ours peut l'amener jusqu'à la tente. S'il est déterminé, il persistera et malgré ses grands gestes dissuasifs, le Hiker devra abandonner sa tente. L'ours a donc de la nourriture facile, va s'habituer, et importuner plus et plus de hikers. Il deviznt agressif , ne se nourrit plus naturellement et ces ours là sont abattus par les rangers. A cause des hikers.
Étant ignorant , j'étais un de ces hikers. Un ranger à Tuolumne m'a expliqué tout ça et j'ai réalisé ma responsabilité envers la nature. C'était un super chouette moment, j'adore apprendre. Par mon organisation, j'aurais pu m'arranger pour à tout moment faire rentrer l'entièreté de ma nourriture dans le bear canister.
Voilà la petite parenthèse sur les ours :)
P.s: dans les campgrounds fort frequentés, Il y a des bear boxes. Ce sont des cages en fer résistantes aux ours, dans lesquelles toute nourriture doit être mise.
J'ai marché un petit temps avec un groupe de 6 hikers. Rapidement cependant, j'ai ressenti le besoin de prendre de la distance, et marcher seul. Ce que j'ai fait. C'était vraiment génial. J'ai rejoint Jefe quelques jours plus tard, et on a traversé quelques pass ensemble.
Ensuite, le reste du trail jusque SLT j'ai alterné entre marche solo et marche avec d'autres hikers.
Le trail dans la SN est fort fréquenté. Encore beaucoup de PCT hikers à ce stade, de JMT hikers (un autre trail qui chevauche le PCT sur 300km), et des day-hikers.
Arrivé à mammoth (deuxième ravitaillement), je réalise que mon sac est trop lourd. Que c'est un fardaux et que je n'arriverai pas à marcher suffisamment de km/jour pour atteindre la frontière canadienne dans des délais raisonnables (la contrainte étant la neige). C'est un super sac, et j'ai du bon matériel, mais c'est tout simplement trop lourd pour une randonnée de cette durée, pas adapté. Mon plan est donc d'opérer un changement radical de matériel à SLT. Objectif: ME DEFIRE D'UN MAXIMUM DE POIDS!
Le reste de la marche jusque SLT est dans l'incertitude pour moi. De moins en moins de hikers sur le trail (abandons, etc). Je commence à me trouver en queue de peloton. La majorité des hikers sont effet devant. Moi et mes collègues commençons tous à mutuellement nous poser cette question: A quel point veux-tu vraiment arriver au Canada? Et on se fait des alliers. Ça commence à devenir sérieux, et je n'en peux plus d'attendre de refaire tout mon matériel à SLT afin de pouvoir faire de plus grosses distances par jour!!
SLT (31juillet) -> ASHLAND (1er septembre):
Cette section est longue de 800km. C'est en fait la Californie du Nord (NoCa).
Je fais les dépenses que j'estime nécessaires à SLT niveau matériel : nouveau sac, nouvelle tente, matelas, réchaud, veste de pluie, lampe frontale, etc. En tout j'économise 5kg! J'ai aussi besoin de nouvelles chaussures, les miennes étant HS.
Je me fait de nouveau aspirer à SLT. Quatre jours.
Je quitte enfin SLT et je me sens ultra léger ! C'est génial, je sens que je suis en mesure d'atteindre mon objectif et de terminer cette marche.
On passe du bon temps sur le trail avec les autres hikers, et je me sens plus relax. On fait des feux de camp, on s'encourage mutuellement. C'est top.
Ha oui, plus de bear canister obligatoire après SLT. Comme le cylindre pèse plus d'un kilo, tout le monde s'en débarrasse... Donc, pour ma responsabilité envers les ours, j'achète une corde et j'accroche mon sac de bouffe tous les soirs (presque... Hum) à une branche , >3m du sol et >1m du tronc. C'est censé être la meilleure approche pour empêcher l'ours d'accéder à notre nourriture après le bear canister bien sûr. Mais entre nous, la majorité des hikers dort avec sa nourriture dans la tente... Le truc c'est que: si t'es pas dans une partie du trail Ultra touristique, t'es essentiellement dans la nature sauvage et les ours ne sont pas habitués à la nourriture des randonneurs... Donc si ils s'approche t de la tente, un rien suffit pour les faire détaler.
Je commence à faire du 35km de moyenne par jour.
A "donner pass", le restaurant offre une bière de 1,2l aux PCT hikers. C'est le genre de support qu'on reçoit des gens en général, c'est super.
Mes nouvelles chaussures me donne des cloches à plusieurs endroits. Je pense avoir acheté une pointure trop petite. Je pense que , mon pied gonflant pendant la marche , cela provoque du frottement non désiré sur les parois intérieures de la chaussure. Surtout à l'avant. Mes orteils sont pressés les uns sur les autres.
Les premières cloches disparaissent, d'autres apparaissent. Comme si mon pied et la chaussure essayaient de trouver un arrangement et faisaient de l'essai/erreur. C'est surprenant. A un certain stade, ça m'exaspère, et je laisse l'énervement prendre le dessus. Je finis ensuite par accepter la situation et marcher plus lentement, et moins.
Le processus d'acceptation fait du bien, mon pied s'adapte à la chaussure et/ou vice versa, et les cloches disparaissent.
Je passe aussi par une période où je me préoccupe énormément d'atteindre la Canada. J'en fais une obsession. Je perds la notion du moment présent, je perds l'envie de marcher et je ne fais principalement que compter les kilomètres. Je calcule mon allure constamment, et ne me trouve jamais satisfait.
Après une semaine dans cette situation je ne peux plus continuer ainsi. Je me rends tout simplement malheureux.
Je décide de lâcher prise! Lâcher prise par rapport aux choses que je ne contrôle pas, comme le temps (climat). Mon objectif est toujours le même, cependant je choisis un autre moyen pour m'en rapprocher. J'accepte le fait d'être en queue de peloton , et je prends beaucoup plus de plaisir au quotidien. J'ai toujours le même plan, cad 35km en moyenne, mais dès à present il semble plus facile à réaliser.
La NoCa, c'est toujours les montagnes, mais plus bas en altitude. C'est sec. Le climat ne change pas: plein soleil 99% du temps.
Les rencontres sont de plus en plus intéressantes. Les échanges de plus en plus riches. La simplicité prend le dessus sur tout ce qui est ou peut paraître compliqué. Les étoiles s'alignent, et une force au delà de notre compréhension semble nous aider à accomplir notre objectif. Un jour, je suis avec une dizaine de hikers et on doit ponter une section de 70km a cause d'un feu de forêt. C'est loin d'être simple car nous sommes très isolé de toute civilisation. Au terme de cette journée, nous nous rassemblons autour d'un bon spaghetti bolognaise dans un B&B, à notre destination, et on est tous impressionnés par ce qui nous est arrivé là journée. Tout ce dont nous avions besoin s'est présenté à nous quand nous en avions besoin. On aurait pas pu inventer une succession pareille de péripéties. Bref, c'est encore une fois l'univers qui est à l'oeuvre.
Vers la fin de la NoCa, je ressens une baisse de motivation. Je suis seul avec Gorilla. Les péripéties ont fait que certains hikers de notre bulle sont loin devant, d'autres loin derrière. Je ne vois pas vraiment le bout du tunnel. Je suis toujours en Californie, le premier des trois états.
La perspective d'entrer en Oregon est ma motivation principale.
Ashland est la première ville en Oregon. Deux jours avant d'y arriver, je fais la connaissance de Peter sur le trail. Il fait une rando de deux jours. Il vit à Ashland. Lorsque je lui demande ce qu'il en est des options de logement à Ashland, il me propose de me loger. Encore une fois, "the trail provides".
A Ashland, je m'occupe de tous mes prochains ravitaillements. Je m'explique: j'achète toute la nourriture dont j'aurai besoin jusqu'au Canada, et je l'envoie par poste. Pourquoi? Parce qu'il y a un dollar general à Ashland, que tout article y coûte un dollar, et qu'il est possible d'y faire 80% d'un ravitaillement classique de randonneur. Les autres 20% je me les procure dans un supermarché classique.
Ma motivation principale est de réduire mes dépenses, et ce faisant prévoir de la marge dans mon budget pour d'éventuels "imprévus" (je pense en particulier à de l'équipement d'hiver). La deuxième raison c'est que sur le reste du trail, il est beaucoup moins évident de se ravitailler qu'en Californie. Les "épiceries" , les "points de civilisation", les campings, sont plus rares et isolés. Pour ces raisons, non seulement c'est très cher, mais en plus il y a très peu de choix de ravit.
Chez Peter, je dispose d'une chambre. Je fais une lessive, prends une douche, et Peter nous invite moi et Gorilla à se joindre à lui et ses enfants le soir pour le souper. Oui, Gorilla m'a demandé de demander à Peter et il dort sur la terrasse (plus de place à l'intérieur).
Le ravitaillement me prend un temps fou, et beaucoup d'énergie. J'envoie, à des endroits stratégiques sur le trail, 9 cartons remplis de nourriture, pour les 40 prochains jours.
Ashland -> BLYC:
Ashland fut top. Encore une fois, tout s'est aligné. Presque Unbelievable, et pourtant bien réel. The trail provides..
Gorilla et moi restons deux nuits chez Peter.
Reprendre la marche le troisième jour est difficile... Mais je retrouve après seulement 48h un bon rythme. Un rythme serein. Les 35km par jour deviennent presque une modalité. Je pense, en partie car Oregon est la partie du PCT la plus plate. Yes, c'est très appréciable :)
J'arrive à Crater Lake. C'est un volcan qui s'est effondré sous son poids et est devenu un immense lac, env. 9km par 7km, il y a 8000 ans. C'est spectaculaire.
J'y rejoins scoobie et Murphy, ainsi que boogie et hot chocolate (tous sont des trail names comme vous l'imaginez). Ça me booste à fond de les revoir ! J'ai marché avec eux pendant longtemps en NoCa.
Le trail devient vraiment vide vide... Et c'est pour ça que voir d'autres hikers c'est très rassurant. Ensemble on est plus fort et on se motive pour pousser un max de km, dans la joie et la bonne humeur!
42km, puis 45, puis 47 me mènent rapidement à Shelter Cove. Je ne sais pas pourquoi, mais les km semblent plus faciles dernièrement. Sûrement le faible dénivelé.
Shelter Cove est un camping à 3km du trail. Je m'y rends pour réceptionner une boîte de nourriture que j'ai envoyé par la poste. J'y fais la connaissance d'une vacancière belge qui me donne du chocolat belge. Cool!
Je revois pour la première fois depuis une lune "metric ton". Il porte toujours son sac de 30 à 40kg sur le dos. Il a ponté une bonne partie du trail pour se trouver où il est. Il est limité à 25km par jour à cause du poids de son sac. Il a 55 ans.
Je suis le seul Hiker de notre groupe à m'être arrêté à Shelter. Je fais un bon nombre de km par jour pour revenir sur le reste du groupe qui est devant moi. 42km, 48, puis 53 le dernier jour me mènent de Shelter Cove à Big Lake Youth Camp (BLYC).
Durant ces trois jours, je fais la rencontre de Bob, à l'intersection du PCT et d'un autre sentier de rando. Bob a 81 ans et vient faire un peu de rando et puis camper au bord d'un lac pendant une semaine. Impressionnant. Il porte un sac de 25kg.
Ce jour-là j'aperçois aussi mon sixième ours. Un gros gros animal, tout noir, qui une fois que je me suis un peu trop approché de lui (sans le savoir) s'est gentiment enfui plus loin dans les bois.
Ces derniers jours ont été très froids. Ça fait un peu peur à tout le monde. Hier, je me suis réveillé dans un décor gelé. En fait je me suis réveillé de froid à 4h, et je me suis posé la question si je voulais déjà commencer à marcher. Ça me semblait un peu tôt quand même donc j'ai essayé de me rendormir jusque 6h. Pas évident cependant.
Mes horaires dernièrement sont réveil 6h-6h30, départ 6h30-7h.
Ce n'était pas facile car mes chaussures étaient humides et gelées, pareil pour mes chaussettes, et bon s'habiller quand il gèle et replier tout le matos gelé c'était difficile. Autant de raisons de ne pas trop traîner en chemin d'ici la fin..
Enfin bon la météo prévoit du meilleur temps pour les deux prochaines semaines donc c'est GENIAL!
Donc voilà ici je suis au camp de jeunes (BLYC), samedi 15 septembre.
C'est une communauté religieuse protestante qui accueille très chaleureusement les hikers. On a même une maison pour nous seuls, douches, cuisine, machine à laver. Ils ont un réfectoire où tous les travailleurs volontaires (ils construisent des cottages) viennent manger et les hikers sont conviés également. Tout est basé sur un principe de donation. Aucun tarif.
L'ambiance ici est top. Je suis arrivé la veille vers 21h30, après une longue journée et un peu de marche nocturne. J'essaye d'éviter la marche nocturne seul pour plusieurs raisons, mais bon ici j'avais vraiment envie de ralier le camp!
Le PCT en général a été beaucoup plus dur que ce à quoi je m'attendais. Et je ne m'attends pas à ce que ce soit plus facile d'ici Canada. Physiquement, mentalement,.. tout ce qu'on peut potentielment citer.
Il y a des moments cependant (pas tous les jours non plus) qui sont tellement intenses, que ça me pousse à continuer. Car je sais que je continue à apprendre tellement de choses sur la vie, les gens, sur moi-même que ça vaut le coup. Ça vaut le froid, la douleur, les doutes, la colère, la fatigue, la faim, l'épuisement qu'il m'arrive de ressentir à d'autres moments.
C'est une aventure que je ne saurais pas faire seul. Les gens qui me permettent d'être là où je suis aujourd'hui et d'avoir marché qqe 3200km (en plus de moi-même forcément) sont tous les autres hikers que j'ai rencontré, tous les trail angels, toute personne que je rencontre en chemin et qui m'encourage d'une façon ou d'une autre, tous ceux qui pensent à moi et qui me transmettent des ondes positives. Donc j'en profite pour vous remercier chers lecteurs :)
Vie sauvage: J'ai vu 6 ours. L'un d'entre eux courraient vers le sommet d'une colline, c'était grandiose. Quelle puissance. Un autre grimpait en haut d'un arbre et puis m'a fixé. Il avait peur de moi je pense. J'ai vu 6 rattlesnakes. Jamais super plaisant pour moi de rencontrer ces serpents. Quoique j'y trouve un côté fascinant. J'ai vu un très beau renard noir récemment. Beaucoup de rapaces. J'ai vu ce qui devait être un coyotte ou un loup. La couleur semble indiquer que c'était un coyotte, et sa taille semblait indiquer que c'était un loup. Belle rencontre. Des tonnes de cerfs, écureuils, chipmunks.
Donc voilà la suite se profile ainsi: demain petit-déjeuner, puis take off. Il me reste 1000km jusqu'au Canada. Dans 250km je serai à la frontière entre l'état d'Oregon et de Whashington. Il est bien probable que je me rende à Portland pour des chaussures d'hiver et un pantalon d'hiver et tout moyen disponible pour augmenter la température à l'intérieur de mon sac de couchage. Mais on verra.
Il y a une super ambiance ici entre les hikers. On decompresse beaucoup ici dans notre petite maison temporaire. On passe du bon temps au chaud, recharge les batteries au propre comme au figuré et puis demain c'est GAME ON!
Désolé pour le résumé un peu décousu, j'ai fait de mon mieux :p
Il y a TELLEMENT que j'aimerais partager à propos de mon aventure. Même en écrivant dans mon journal tous les jours, je crois que j'aurais du mal à y arriver. Dans la positive, ça me prendrait je pense tellement de temps que je ne saurais pas faire le nbr de km/jour que j'aimerais faire.
D'ici les prochaines nouvelles, portez-vous bien! :)
P.s: Au moment où j'écris, il y a un père et son fils en face de moi. Corée du Sud. Ils ont commencé comme moi, depuis Campo. Le fils a 13 ans. Ils sont géniaux. C'est pas génial?
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